Lexique A-Z

Pour être bien en mesure de réfléchir sur les enjeux de la généralisation des pratiques de lecture sur supports numérique, en ce qui a trait à notre rapport à la culture, il y a lieu de se doter d’un vocabulaire commun.
A – D      E – K      L – Q      R – Z

A – D

A

Acteur
Un acteur au sens où on l’entend ici fait référence à la capacité d’agir, qui est le corolaire de l’oeuvre réalisée (ergon en grec), et qui suppose la mobilisation d’une certaine quantité d’énergie (energeia). L’acteur est aussi le dépositaire d’une certaine autorité sur ses actions, ce qui va avec une forme de responsabilité. C’est en quoi il se distingue de l’auteur qui se définit par la reconnaissance qu’on lui accorde d’être la cause de ses oeuvres, ce qui fait qu’il y a transfert de la crédibilité qu’on lui accorde vers son oeuvre. Dans les faits, avec le temps, des intermédiaires sont devenus nécessaires pour que la notoriété d’un auteur se crée. C’est un des rôles majeurs des maisons d’édition que d’aider les auteurs à se faire une bonne (ou une mauvaise, si ça peut aider à vendre) réputation. Cette question de la crédibilité peut paraître moins pertinente dans le cas de l’acteur, mais en réalité c’est tout le contraire, puisqu’encore là, avec la numérisation de nos rapports, il y a toujours médiation d’un tiers, qui est souvent une instance impersonnelle. C’est ainsi que le choix que vous faîtes de fréquenter tel site Internet vous rend si ce n’est « créateur » de ce site, du moins contributeur à son positionnement, ce qui du point de vue de la logique marchande qui est derrière les choix réalisés par les « acteurs » du web, ne peut pas être insignifiant. À moins que vous le soyez vous-même à leurs yeux. Quoi qu’il en soit, même si l’auteur de la médiation (Google) n’est qu’un moteur de recherche (robot), on doit reconnaître qu’il donne plus de poids à la reconnaissance qu’il accorde à votre choix que si c’était Bing ou Ping… pour l’instant. Finalement ce seront probablement plutôt les filtres qui feront le plus gros du boulot afin qu’on ait une chance de retrouver quelque chose dans cette mer d’information sans structure. Et quel sera leur critère de sélection principal ? Parions que ce sera la qualité de la structuration de l’information justement, incluant l’apport des métadonnées et l’identification appropriée des éléments de contenu que cela suppose. Dès lors les créateurs du système de métadonnées qui sera adopté à la plus grande échelle, même s’ils ne sont pas encore connus, deviendront lorsque leur concept aura reçu la ferveur populaire les acteurs du web les plus influents.
Auteur
La notion d’auteur est une création de juristes qui se devaient de pouvoir disposer d’un concept clair pour être en mesure d’imputer la responsabilité d’un crime (et donc d’une action), ou la propriété d’un bien (et donc un statut) à quelqu’un en particulier, afin de pouvoir ensuite l’accuser légitimement. Le juge condamne ensuite l’accusé en vertu de sa propre autorité. Mais comment se fait-il alors que les personnes ayant le plus d’autorité sont aussi celles qui sont le plus rarement condamnées ? En fait si la notion d’auteur (auctoris) provient de la même racine que la notion d’autorité (auctoritas), il faut voir que la relation avec l’oeuvre est une relation que l’on veut de cause à effet. Mais on distingue du même coup la cause de l’effet. En même temps on permet à l’oeuvre de se voir imputer les qualités de l’auteur. C’est ainsi que l’auteur touche des redevances pour la diffusion de son oeuvre de la part de l’éditeur qui touche les profits des ventes parce que l’auteur lui a cédé cette autorité dans le cadre d’un contrat.
Pourtant il est évident que ce que les lecteurs font d’une oeuvre en l’interprétant en la commentant, en s’en inspirant, est tout à fait aussi important pour le destin de l’oeuvre que ce que l’auteur a pu faire en l’écrivant. En ce sens il est légitime que l’on n’accorde pas d’importance à la manière dont l’auteur s’y est pris pour créer son oeuvre qu’à la reconnaissance officielle qu’un système juridique lui accorde comme « parent » de cette « création ». L’oeuvre une fois livrée, bien des auteurs vous le diront, devient indépendante de son géniteur(ou gestateur…) et vit de sa propre existence.
Il n’en demeure pas moins, qu’ultimement, l’auteur, en tant que personne, est défini comme nous tous – qui ne sommes pas nécessairement des écrivains – par l’ensemble de ses actions.

B

Base
Une base est à la fois quelque chose de matériel et de moral, d’intellectuel et de physique. Une base est quelque chose de solide sur quoi on peut se reposer soi-même (comme un lit) ou sur lequel on peut faire reposer autre chose (comme une table). Mais c’est aussi un ensemble de propriétés (capacités, caractéristiques personnelles) dont on part pour s’élancer à la conquête d’autres compétences, connaissances et je ne sais quoi d’autre. Les bases du langage, des mathématiques de base, c’est ce qui est conçu comme se trouvant en bas, par analogie avec les pyramides, en raison de l’influence de la gravité sur nos psychés. Et c’est logique, parce que c’est sur quoi on pourra édifiera tout ce qui suivra en termes de savoirs ou de constructions, comme dans le cas des fondations. La base d’un état c’est sa constitution. La base d’un parti ce sont les personnes qui en sont membres. Mais c’est aussi ce qui est le le plus important et on commence à réaliser aujourd’hui qu’il faudrait le tenir en plus haute estime que l’idéologie élitiste régnante à la plupart des époques ne nous a permis de le faire. Une base peut aussi être un élément liant. En ce sens on peut se demander ce qui est à la base de nos rapports interpersonnels ? Est-ce que ce sont nos sens en tant qu’ils sont ce qui nous permet d’entrer en relation les uns avec les autres ? Est-ce que ce sont nos personnalités respectives ou les codes partagés que nous avons appris ? Est-ce notre physiologie spécifique ou la ‘constitution’ de notre âme, la façon dont nos idées interagissent avec les sentiments dans un être humaine « normalement constitué » ? À moins que le base change avec le temps, que ce soit l’ensemble des productions culturelles auxquelles on se réfère pour qualifier les expériences que nous vivons ?
Et si avec l’avènement d’Internet la base c’était notre aptitude à interagir de manière appropriée sur le web, de manière à ne pas être exclu des forums, par exemple, afin de pouvoir participer à cette « société de l’information » ?

C

Culture
La culture ensemble des pratiques constituant l’essentiel de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains. Elle forme notre base commune, tout en pouvant prendre différentes formes par lesquelles nous nous distinguons les uns des autres. Par nos gestes et nos paroles, tout comme nos silences et notre réticence à agir, nous sommes acteurs et auteurs de cette culture. (À compléter…)
Cyborg
Organisme cybernétique : De nombreuses recherches fondamentales et appliquées ont été menées et continuent de l’être pour essayer de répondre à la question : « Est-il possible d’intégrer la machine à l’homme et l’homme à la machine ? ». Éventuellement le cyborg serait comme un “androïde”, type de ‘personnage’ inventé par Isaac Asimov dans ses récits de science-fiction. Mais il n’y a pas besoin d’attendre que ces robots humains soient fonctionnels pour réfléchir à la présence du cyborg parmi nous. En fait notre écosystème en entier est en train d’en devenir un. Mais c’est un point de vue qu’il faut nuancer. La nature aura toujours le dessus sur la technique, ultimement. Néanmoins, en attendant, il se peut que nous vivions en tant qu’être humains, une phase de dénaturation de notre être qui suppose une main mise de la technique sur nos consciences, jusqu’à un certain point. C’est ce que rend l’idée même de la cybernétique odieuse à plusieurs personnes. Elle semble signifier que nous allons devenir des monstres. Mi-hommes, mi-machines. Mais cyber-nétique, signifie « réseaux de connexions à travers l’espace », et c’est quand-même quelque chose de souhaitable, si c’est bien mené, de l’avis de plusieurs comme Joël de Rosnay, qui a théorisé la notion de cybionte (cyber-bio-être) afin de rendre compte de cette dimension écosystémique du cyborg.

A – D      E – K      L – Q      R – Z

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