S’orienter dans le virtuel

orienter-virtuel_MVR

Selon l’auteur de “S’orienter dans le virtuel”, Marcello Vitali Rosati, nous pouvons comparer l’Internet à une mer qui relierait différentes iles ayant chacune le potentiel de nous révéler d’autres rives conduisant vers d’autres amorces de circuits de navigation. En empruntant tel ou tel chemin sur cette toile qui se densifie tout en s’étendant, nous devenons créateur de ce milieu partagé dont la texture et le dessin dépendent finalement de nos choix.C’est que les parcours d’éditorialisation jouent un rôle bien plus important aujourd’hui qu’il n’y paraît. On doit donc relativiser l’importance du statut d’auteur qui dépendait historiquement du travail des maisons d’édition pour procurer aux écrivains et essayistes, un statut leur procurant une crédibilité. Aujourd’hui la fonction des éditeurs demeure importante car ils ne sont pas remplacés à ce niveau de la création du sentiment de confiance qui fait que l’on s’arrête pour lire tel texte plutôt que tel autre. Mais elle est amoindrie car ils ne sont pas en mesure de rivaliser avec les dispositifs systémiques qui canalisent les actes d’éditorialisation consistant à passer de tel site à tel autre sur le web.

Malgré tout il estime qu’il n’y a pas de rupture radicale au sens d’un détachement d’une autre dimension d’univers, qui serait l’univers virtuel et qui serait comme une soucoupe volante dans laquelle certains hommes pourraient embarquer alors que d’autres s’y refuseraient. Selon MVR, nous sommes tous dans le même bâteau. Cependant, il y en a qui regardent le continent dont nous sommes partis avec nostalgie d’autres qui rament fort pour faire avancer le navire en différentes directions, et certains qui essaient de profiter de la situation pour piller les cales du navire laissées sans surveillance. C’est pourquoi certains se mutinent contre cette culture de corsaires et espèrent qu’on parviendra à se réglementer afin de trouver un cap et de conclure ensemble une alliance afin de partager les rôles de manière équitable. Mais plusieurs construisent déjà des estafettes à partir des barques de secours, et cela fait craindre à certains les conséquences d’un naufrage !
En bref, la métaphore de la nef des fous mise en évidence par Foucault continue de s’appliquer. Il y a ainsi continuité malgré le passage d’un paradigme à un autre.

Ce qui a changé cependant est que c’est comme si la carte du monde elle-même était en train de définir ce qu’est le monde.

La connaissance est un levier, un savoir-pouvoir, dont nous devons nous défier, sans le déifier.

Voir la caractérisation de la position de Marcello Vitali Rosati, auteur de cet ouvrage phare pour comprendre ce que signifie l’ère numérique d’un point de vue philosophique, dans la section “Positions/modérés”.

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