Techno-sceptiques

Techno-scepticisme

Mise en garde : La catégorisation d’auteurs ou de personnes qui se sont exprimées librement sur le net en tant que ‘techno-sceptiques’ est sujette à caution :

  • Premièrement, nous ne leur avons pas demandé s’ils se considéraient comme tels (sauf lorsqu’ils l’ont écrit eux-mêmes)
  • Deuxièmement, j’ai beaucoup de respect pour le scepticisme bien compris, mais j’utilise ici le terme dans un sens plus négatif tel qu’il est souvent interprété de manière courante, à savoir comme l’expression d’un refus de faire confiance, d’où un rejet de ce qui pourrait par ailleurs être beau et souhaitable.

Pour lire la définition que nous donnons à cette postures idéologique, rendez-vous à la page ‘Notions‘ dans la section correspondante.

On peut être « techno-sceptique » pour plusieurs raisons

Par ignorance
Certains de disent méfiants à l’égard des technologies du web, parce qu’ils ne les connaissent pas.
Par principe
D’autres ont une aversion pour tout ce qui est progrès technique et estiment que la nature devrait demeurer intacte, alors que l’homme a provoqué de graves ravages au nom de la civilisation, avec son idéologie techno-scientifique. Dès lors leur réaction face aux avancées provoquées par l’apparition de l’informatique et d’internet, en particulier avec le web, leur paraissent le comble de l’aberration. Ils rejettent donc d’emblée la modernité dans son ensemble au nom d’une période révolue de paix et d’harmonie qui n’a peut-être pas existé, suivant le mythe de la société pastorale bienfaisante.
Par expérience
La majorité des personnes qui en ont contre la technique aujourd’hui expriment par ce refus leur sentiment de ne pas maîtriser ces outils. Ils refusent d’approuver les évolutions rapides des TIC dû au fait qu’ils ont le sentiment de ne pas pouvoir suivre et d’être malhabiles ou ‘incompétents’ dans ce nouvel environnement. Déplorant les désagréments que provoque le fait de ne pas parvenir facilement à se doter des connaissances nécessaires à leur exploitation optimale, ils attribuent aux techniques en général (et en particulier aux technologies de pointe) la faute pour la difficulté qu’ils éprouvent. C’est donc principalement en raison du déplaisir que le fait de devoir surmonter des obstacles leur fait ressentir qui les conduit à condamner la complexité qui vient avec la sophistication de ces instruments censés nous simplifier la vie.
Par connaissance approfondie
Une autre explication à la posture « anti-technologie » de certaines personnes est le fait qu’elles ont oeuvré dans le domaine, elles ont été formées pour y performer, elles ont fait le tour de ce qu’elles avaient à offrir, et elles se sont rendues compte que cet univers de production de services soit-disant dématérialisés était en fin de compte un leur qui ne correspondait pas à leurs valeurs. Certains, après avoir gagné de hauts salaires ont préféré opter pour la simplicité volontaire, d’autres se sont engagés dans la vie communautaire et ont privilégié une carrière plus pépère, afin de retrouver un équilibre que la dynamique inhérente aux TIC leur faisait perdre, selon la conclusion à laquelle une réflexion plus poussée les a menés.

Des motivations qui se complètent mais qui ne s’équivalent pas

Toutes les justifications précédentes pour être opposé au progrès technologique peuvent exister. Et dans certains cas elles peuvent constituer des motivations complémentaires (par exemple on peut avoir eu des déconvenues avec les ordinateurs et avoir réfléchi profondément aux raisons pour lesquelles ça ne valait pas la peine de lutter pour surmonter les obstacles associés à l’environnement technologique, préférant vivre en hermite, par exemple). Ce sont cependant ceux qui connaissent bien la façon dont ces outils de communication (et de commercialisation) fonctionnent qui ont le plus de crédibilité pour en dénoncer les travers et nous mettre en garde contre les risques que cela représente.
Parmi les techno-sceptiques bien réputés, on retrouve Cédric Biagini, dont nous tenterons de résumer le point de vue bientôt.
Mais afin de vous donner une idée de la manière dont on peut penser contre les technologies, nous vous invitons à lire ce ‘post’ d’un bloggueur français, qui nous exprime son point de vue sur « Facebook ». Il s’agit d’un bon exemple de la manière dont l’ironie se mêle régulièrement à la dénonciation des médias sociaux.
Facebook, c’est bien, mais est-ce vraiment utile ?
Malgré l’ironie il faut reconnaître que l’auteur voit bien que cette dissolution de l’individu qui serait la conséquence de se livrer sans retenue sur l’espace public semble paradoxale au regard de la critique selon laquelle nos sociétés deviennent de plus en plus individualistes.
Ce clip illustrant de quoi aurait l’air la socialisation à la sauce Facebook dans la vie réelle se veut une caricature. C’est le méchant qui attaque l’innocent de manière très basse et outrancière. Mais on reconnaît quand même la gamick. Et la réalité dépasse souvent la fiction… j’imagine.

Facebook dans la réalité

En réalité les techno-sceptiques sont bien souvent plus ouverts aux nouvelles technologies, comme le montre l’exemple donné d’entrée de jeu.

Une citation concernant l’école à distance indique bien que les techno-sceptiques ne refusent pas nécessairement la présence de la technologie dans nos vies. Mais ils voudraient qu’on s’outille pour être en mesure de prendre nos distances par rapport à elle, justement.

« (…) le discours des « techno-sceptiques » revendique la mise en oeuvre de stratégies d’apprentissage axées sur le développement d’habiletés critiques par le biais de programmes de littératie des médias et des NTIC. »

Tiré de l’abstract de l’article « Vers une pédagogie de l’hyper-savoir ? », publié sur le Journal of Distant Education, revue canadienne faisant des efforts pour être bilingue.(1)

Mais nous avons choisi de désigner par ce terme les ‘anti-technologies’. Cependant, nous ne nous intéressons qu’à ceux qui ont des arguments pour s’y opposer.
Une question que les techno-sceptiques (au sens où nous entendons ce terme) pourraient (devraient) se poser, pour finir :
Est-ce que ce serait possible de mettre un moratoire sur le développement d’Internet le temps de se donner les moyens de réfléchir à ses impacts ?

Je vous invite à m’aider à poursuivre l’examen de la position du techno-scepticisme concernant la question qui fait l’objet de cet essai via d’autres exemples et des références pertinentes à d’autres figures de cette posture intellectuelle.

(1) http://www.jofde.ca/index.php/jde/article/view/262/419 [Page consultée le 17 janvier]

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4 réflexions sur “Techno-sceptiques

  1. Pingback: Positions - Inter-edit

  2. Pingback: La télé fait le bonheur | À l'orée de la ville

  3. vous avez oublié les forcés et contraints par leurs états de se connecter, et qui ne voient aucun intérêt personnel aux nouvelles technologies
    et ceux qui ne retrouvent plus le lendemain leurs pôles d’intérêt de la veille

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    • Oui, il faudrait ajouter une « classe » de personnes qui ont simplement évité de prendre position. Des personnes assez « prudentes » pour ne pas se prononcer. Quelque chose comme des « phénoménologues » des changements culturels entraînés par le numérique, qui suspendent leur jugement. Mais il ne faut pas oublier encore une fois que les phénoménologues suspendent leur jugement quant à la position d’existence de la chose, afin de se rendre disponibles pour mieux se prononcer sur la question de savoir ce qu’est la chose perçue (ou appréhendée d’une autre façon : par la mémoire, l’imagination, etc.) en son « essence » (c’est le terme de Husserl, qui ajoute ‘eidétique’ – pour dire, « idéelle – contemplée par un sujet »).
      Et il est vrai que la « réalité » du numérique est mouvante, de sorte que le changement semble constituer son « essence » et que cette instabilité mérite réflexion.
      Merci pour votre commentaire qui permet de réactiver l’interrogation.

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