Contexte

Nul ne peut ignorer l’impact des technologies de l’information (TIC)* sur nos vies. C’est un fait brut, omniprésent dans notre quotidien, mais dont on mesure encore mal la portée.

Ce qu’on sait, sans l’ombre d’un doute, c’est que le changement de support, lorsqu’on lit à l’écran d’une tablette (ou d’un ordinateur ou d’une liseuse, voire même d’un téléphone « intelligent »), ne laisse pas les choses « au beau fixe », concernant la manière dont on entre en rapport avec l’écrit, les oeuvres de l’esprit, les « productions culturelles », que ce soient des informations, des fictions, ou un quelconque genre intermédiaire ou « nouveau genre » (le ‘tweet’ rejoindrait-il l’aphorisme ?)…
J’en veux pour preuve, encore une fois une affirmation de François Bon :

[Voici ce qu’on constate si on se penche sur] l’épaisseur matérielle du livre, et sur le repérage spatial dans la page. Ils ne sont pas transférables directement à la lecture écran, sinon par nos techniques de mémorisation (voire d’enregistrement) de nos parcours web, historique du navigateur, capacité de la barre URL à retrouver une page moyennant mot-clé, adresses stockées dans des outils collaboratifs comme delicio.us ou zotero, enfin liens propulsés dans les outils réseaux : usages non encore suffisamment structurés pour qu’on puisse en faire théorie, mais qui sont l’équivalent de l’épaisseur du livre pour ce dont l’exercice dense de la pensée ou de la lecture a besoin pour sa spatialisation ou sa matérialisation.

L’utilité d’introduire ce passage un peu long dès cette mise en contexte est de fournir une première clé pour comprendre l’importance des parcours d’éditorialisation, identifiés ici comme « parcours web » (c’est vrai qu’en pratique c’est la même chose). Il est ici fait référence à l’opportunité de « structurer » ces usages qui sont un peu trop « incontrôlés » à l’heure actuelle pour qu’on puisse y comprendre (ni même en retenir) quoi que ce soit de ‘Bon’… Mais ‘François’ semble nous dire que ces pratiques, aussi pêle-mêle soient-elles, jettent les bases d’une matérialité (hyper-réelle ?) du… virtuel, comme nous le confirmera (peut-être) Marcello Vitali Rosati (alias MVR).

Certains prédisent que la montée en puissance de l’informatique et des réseaux de communication se traduira à court terme par la destruction de l’humanité en nous. Nous les appellerons « techno-sceptiques » (pour ne pas dire « anti-technologie »). D’autres jubilent à l’idée de voir advenir le cyborg* de leur vivant. Je caricature ici l’attitude des « cyber-enthousiastes ». Entre les deux réactions opposées se dessinent des postures intermédiaires. D’ailleurs, les idéologies extrêmes finissent par se rencontrer du sein même de leurs exagérations communes. Par ailleurs leurs dénonciations respectives pointent probablement vers certaines vérités dont il importerait de tenir compte pour établir un consensus. Sur cette base (optimiste), il devrait être possible d’identifier au moins une voie médiane où la majorité des gens sensés devraient pouvoir circuler. Il faudrait que cette avenue intermédiaire, celle des « modérés », nous permette de prendre acte de la complexité d’une situation où des possibilités s’esquissent… Puisque ces possibles ne sont rien sans une ‘appropriation’ par nous, parions que si nous pouvions rencontrer ces virtualités, elles ne demanderaient qu’à être infléchies dans le cours de leur actualisation afin de devenir réellement « vivantes ». Donc, on doit éviter d’abord et avant tout le fatalisme.

Je crois également qu’au moins une autre position mitoyenne, outre celle des modérés – consistant à comprendre les deux points de vue opposés et à chercher un compromis (pour avancer en évitant les écueils) -, est possible. Cette « autre alternative » consiste à se tenir en retrait, tout en rejetant les deux attitudes extrêmes (au lieu de chercher à les réconcilier comme le font les modérés). Nous la qualifierons de « critique », même s’il faut être prudent quand on emploie ce terme, vue son histoire. Elle implique de s’abstenir de présumer de la possibilité de résoudre les contradictions qui semblent surgir de la confrontation entre les cyber-enthousiastes et les techno-sceptiques.
Enfin, remarquons qu’il est permis d’espérer que chaque être doté d’une conscience devrait pouvoir s’inscrire dans l’interstice ouvert par cet ‘entre-deux’ sans que son point de vue ne soit assimilable à celui d’un autre appartenant à ce ‘spectre’ – tout de même assez large – du « juste milieu ».

* Comme vous l’avez constaté nous avons continué de mettre de l’avant de nombreuses ‘notions‘ dans cette troisième sous-section de l’introduction. Celles-ci ont été regroupés dans une série de lexiques accessibles depuis la page statique ‘Lexique A-Z’ (navigation par ordre alphabétique). L’article ‘Notions’ vise à vous y introduire en les regroupant de manière plus thématique.
Les termes suivis d’une astérisque(*) sont censés être définis dans l’un de ces ‘dictionnaires’. Mais tous les termes qui s’y trouvent ne sont pas suivis d’une astérisque à chacune de leur occurrence. Référez-vous y donc au besoin.

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